Le Traître, de Marco Bellocchio au cinéma le 30 octobre: ‘Ni un héros ni un monstre’.

Le nouveau long métrage de Marco Bellocchio, LE TRAÎTRE, seul film italien présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, sort sur les écrans français le 30 octobre. Il représentera l’Italie aux Oscars 2020.

C’est l’histoire de Tommaso Buscetta, ancien “Boss des deux mondes”, “uomo d’onore” de Cosa Nostra puis l’un des plus célèbres ‘repentis’ siciliens, protagoniste de 20 ans d’Histoire italienne.  «Ni un héros ni un monstre», ainsi le dépeint le réalisateur Marco Bellocchio (Vincere, Buongiorno notte, Sangue del mio sangue…).

Le film LE TRAÎTRE explore les arcanes du crime organisé, loin des mythes sur Cosa Nostra, dans le contexte d’“un monde dont on parle plus qu’on ne le connaît” : celui de la “deuxième guerre de la mafia” (Corléonais contre Palermitains), qui fit des centaines de morts en Sicile dans les années 1980, jusqu’au spectaculaire procès qui eut lieu fin 1980 à Palerme au moment où l’État italien démantela plusieurs réseaux par l’intermédiaire du juge Giovanni Falcone. Excellente l’interprétation de Pierfrancesco Favino en traître, personnage ambigu, contradictoire, froid et plein d’assurance. Bellocchio cherche à approcher la vérité d’un homme sans jamais en surinterpréter les actes. Qu’est-ce qui a pu conduire Tommaso Buscetta (1928-2000) à trahir et à briser l’omerta de son clan? Le remords ? Un sens retrouvé de la morale? La peur? Un choix de survie pour lui-même et sa famille?….

Avec Pierfrancesco Favino, Maria Fernanda Candido, Luigi Lo Cascio
2019 / ITALIE-FRANCE-ALLEMAGNE-BRÉSIL /COULEUR / DURÉE : 145 MIN
Advitamdistribution

SYNOPSIS OFFICIEL: Au début des années 80, la guerre entre les parrains de la mafia sicilienne est à son comble. Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra, fuit son pays pour se cacher au Brésil. Pendant ce temps, en Italie, les règlements de comptes s’enchaînent, et les proches de Buscetta sont assassinés les uns après les autres. Arrêté par la police brésilienne puis extradé, Buscetta, prend une décision qui va changer l’histoire de la mafia: rencontrer le juge Falcone et trahir le serment fait à Cosa Nostra.

JEU-CONCOURS: Invitations pour une personne à tenter de gagner en écrivant à Altritaliani.partenariats@yahoo.fr avec la mention « Le traître » et votre adresse postale. JEU-CONCOURS TERMINÉ

sortie cinéma italien

POUR APPROFONDIR :

> «Il traditore», Marco Bellocchio punta sul cinema verità, un article de Paolo Mereghetti dans Corriere.it

> NOTE D’INTENTION DU FILM qu’il nous paraît intéressant de reproduire, en attente de voir le film et de la prochaine publication sur Altritaliani de la «critique» d’Armando Lostaglio :

Le Traître est d’avantage l’histoire de Tommaso Buscetta que celle de Cosa Nostra. Tommaso Buscetta est un individu versatile, constamment en mouvement, dans sa vie et ses relations personnelles. Il est singulier, intelligent, charmant, efficace et doté d’une autorité naturelle. Un mafieux fidèle à Cosa Nostra, mais aussi à ses principes personnels, ne craignant pas de contester l’autorité, à laquelle par ailleurs, il refuse de prendre part.

De la fin des années 1970 au début des années 1980, il doit faire face à la montée en puissance des corléonais, dirigés par l’intraitable Toto Riina. Ce nouveau groupuscule est impitoyable, et bafoue les principes fondamentaux de Cosa Nostra : ils tuent femmes, enfants et éliminent tout obstacle sur son passage. Tommaso Buscetta ne trouve plus sa place. Quand, en 1982, il s’installe à Rio de Janeiro avec ses enfants et sa femme qu’il aime, il a pour but de cesser toute activité pour la mafia. Or, on ne quitte jamais la mafia, et l’organisation le traque sans cesse, mais elle est devancée par la police brésilienne qui l’arrête et le fait extrader vers l’Italie.
Buscetta va alors proposer un accord à la justice italienne : parler, collaborer à démanteler la mafia, en échange de sa protection et de sa survie. Bientôt, il rencontre le juge Giovanni Falcone, imposant, inflexible et tenace. On plonge alors dans les profondeurs de l’organisation sicilienne : les meurtres, les fusillades, les coups montés. Tout cela est la toile de fond de l’histoire racontée par Buscetta, qui se révèle être le plus grand mystère de Cosa Nostra. Nul ne sait ce qui le pousse à collaborer : la survie et la sécurité évidemment, mais il semble animé par d’autres desseins : la vengeance et la volonté de démanteler une mafia qui ne correspond plus à ses valeurs. Buscetta franchit une étape décisive, il devient un traitre en passant dans le camp ennemi.
Mais il ne se considère pas comme tel. Au fur et à mesure de ses confessions, il met en exergue le fossé qui s’est creusé entre «sa» mafia et celle des corléonais. Ainsi il entend rendre justice à la vraie Cosa Nostra. Il fait alors de Toto Riina, le traître ultime de l’histoire.

La trahison est un thème récurrent et inlassablement exploré au cinéma, justement parce qu’il propose une réflexion sur le changement. Un homme, au cours de sa vie, peut-il réellement et profondément changer ou n’est-ce que simulacre ? Le changement est-il un moyen de guérir, de se repentir ? Buscetta, qui refusa toute sa vie l’appellation de «repenti», s’est-il inscrit dans cette démarche de guérison, de rédemption afin de devenir un homme nouveau ? Ou a-t-il créé sa propre justice ?

> LA BANDE-ANNONCE :

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