Rencontre avec Danièle Robert pour sa nouvelle traduction du Purgatoire.

La Librairie italienne Tour de Babel et les éditions Actes Sud

à l’occasion de la parution de la nouvelle traduction du

Purgatoire de Dante Alighieri

Danièle Robert traduction

vous invitent à rencontrer sa traductrice Danièle ROBERT

et Bruno PINCHARD président de la Société Dantesque de France

le jeudi 8 novembre 2018 à partir de 19h30

à la librairie italienne TOUR DE BABEL, 10 rue du Roi-de-Sicile, 75004 Paris (métro Saint-Paul) – tel. 01 44 77 32 40

***

Enfer, le premier volet de la traduction neuve de La Divine Comédie entreprise par Danièle Robert est paru chez Actes Sud en mai 2016.

Voici en librairie le second volet :

Purgatoire : La Divine Comédie (édition bilingue)
Traduit de l’italien, préfacé et annoté par Danièle Robert
Editions Actes-Sud – octobre 2018
Prix : 26€

Danièle Robert

Dans ce deuxième volet de La Divine Comédie, Dante instaure un climat bien différent de celui de l’Enfer. À la descente dans les profondeurs de la terre au milieu de cris, gémissements, violentes invectives, à l’image de corps soumis aux pires tortures s’oppose dans le Purgatoire une montée sans heurts vers le paradis terrestre, au cours de laquelle les âmes rencontrées par le poète affichent une grande sérénité, qu’accompagnent chants, hymnes, psaumes. Elles s’adressent à lui avec une bienveillante courtoisie. Le Purgatoire est tout entier placé sous le signe de la musique, joue des assonances et correspondances qui fondent son harmonie singulière. Parmi ces dernières – nombreuses – que le lecteur est convié à goûter figure avec force le chef-d’œuvre d’Ovide que Dante, parallèlement aux Écritures, cite abondamment: Les Métamorphoses. Métamorphose, transformation, élévation bien sûr : on verra là une éthique et même une politique de tout le poème dantesque dont, dans cette idée, le Purgatoire peut être considéré comme le sommet.

Ce qu’en écrit Bruno Pinchard dans ÉtVdes (n° 4258, mars 2019, p. 119):

Dans la grande effervescence qu’on observe aujourd’hui autour de Dante à l’approche du 700e anniversaire de sa mort (1321-2021), il est un événement qui doit retenir l’attention : pour la première fois, un traducteur ose se confronter au monument de Dante en conservant sa métrique légendaire, la terza rima (aba, bcb, cdc, etc.). Pour traduire en français Dante, tout a été essayé : la prose, le verset, le vers blanc, les vers de dix ou onze pieds, l’alexandrin… André Pézard a été jusqu’à inventer une nouvelle langue pour restituer quelque chose de l’esprit du chef-d’œuvre. Ne nous faisons pas d’illusion, rien ne remplacera le mélange d’autorité transcendante et de fraîcheur des matins du monde qui caractérise la versification dantesque.

Cependant Daniele Robert est en train de réaliser une véritable prouesse (voir Études, n° 4237, avril 2017, pp. 79-90 et 119-122, sur sa traduction de l’Enfer). Toutes les autres tentatives garderont leur légitimité, mais celle-là est douée d’une telle aisance et d’une telle musicalité qu’on se prend parfois à rêver d’un Dante… français. Avec de pareilles contraintes, certains accommodements sont rendus nécessaires, mais Daniele Robert garde une fidélité au texte qu’on ne trouve pas toujours dans des traductions moins surveillées, et surtout une clarté qui rend la lecture aisée et émouvante. Cette folle entreprise respire un immense respect pour le Florentin et cela suffirait à la classer parmi les plus recommandables de l’heure. Il faut encourager cette artiste déjà connue pour ses traductions du latin (Ovide, Catulle) ou de la poésie italienne classique et moderne. Elle fait, d’ores et déjà, partie de ces femmes qui ont « l’intelligence de l’amour », auxquelles Dante choisissait de confier ses peines de cœur et d’intellect. Elle est une étoile en train de se lever dans le ciel de la dantologie. Il y aura beaucoup de contemplatifs de la nuit pour en admirer la clarté nouvelle.

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