L’été du mauvais oeil – Entretien à Paris avec l’écrivain Giuseppe Catozzella

[Publication bilingue: en français e in italiano più sotto]. A l’occasion du Festival Italissimo 2026, nous avons eu le plaisir de converser à Paris avec l’écrivain italien Giuseppe Catozzella autour de son nouveau livre “L’été du mauvais oeil” qui vient de paraître en français, après “Brigantessa” en 2022, chez l’éditeur Buchet Chastel (titre original: “Il fiore delle illusioni”, Feltrinelli 2024, lauréat du Prix Elio Vittorini).

C’est un roman qui traverse les dernières décennies de l’histoire italienne. Le protagoniste, Francesco, grandit dans la banlieue milanaise en nourrissant le rêve d’écrire ; il retourne chaque été au Sud dans le village de la Basilicate d’où vient sa famille et où son cousin Luciano cultive la terre, comme les générations qui l’ont précédé. Le livre raconte leur tentative d’échapper à un destin qui semble déjà écrit ; le conflit entre le rêve (ou l’illusion) et la réalité; la relation jamais résolue entre le Nord et le Sud de l’Italie, chacun à sa manière éternels «pays manqués » où l’on peut se sentir étranger dans son propre pays et toujours suspendu entre le désir de partir ou rester, comme le disait Verga.

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Altritaliani : Le titre original de ton livre (La fleur des illusions) vient d’une phrase du dramaturge Paul Claudel : «La fleur des illusions produit le fruit de la réalité».

Giuseppe Catozzella : une phrase similaire on la trouve dans le Zibaldone de Leopardi. Claudel et Leopardi renversent l’idée selon laquelle l’illusion serait quelque chose de négatif. Ils affirment au contraire que l’illusion correspond précisément à la partie de nous-même la plus authentique et qui se met à l’épreuve. Si nous parvenons à surmonter l’épreuve de l’illusion, comme les moments de méfiance, de déception, alors nous sommes prêts à devenir qui nous sommes. J’ai trouvé cela beau, et aussi très vrai.

De quelles illusions parle ton livre ?

Ce roman tente de raconter les trente dernières années de l’histoire italienne à travers des événements clés, autour d’une question : en Italie, est-il possible d’imaginer devenir ce que l’on se sent authentiquement être ? Ou faut-il partir ? C’est encore le célèbre dilemme du roman de Verga, I Malavoglia : partir ou rester ? L’Italie est un pays très jeune, unifié depuis un peu plus de 150 ans, dont la classe dirigeante n’a pas connu de véritable renouveau par rapport aux régimes des Savoie et des Bourbons. Il n’y a jamais eu de véritable révolution en Italie. Les relations entre les territoires et les familles importantes de ces lieux sont restées les mêmes. C’est un pays immobile. La bourgeoisie d’un pays a besoin de quelques générations qui se détachent de la terre, pour ensuite commencer à regarder les étoiles, comme le disait Kant.

Au cœur de ton roman, il y a la relation entre deux cousins. Francesco a grandi près de Milan ; Luciano est toujours resté en Basilicate. Ils incarnent la dichotomie entre le Nord et le Sud.

En Italie, il existe une «question méridionale» qui n’a jamais été résolue, voire qui n’a peut-être jamais été véritablement abordée. Deux pays en un, où l’on peut toujours se sentir étranger, nulle part chez soi, dans son propre pays. Ce qui n’est pas le cas, par exemple, en France ou dans d’autres pays. Francesco est né dans le nord, au sein d’une famille d’origine méridionale. Il veut réaliser son aspiration à entrer dans le monde des idées, de la culture, et pour cela, il pense devoir se détacher de ses origines matérielles, de ce qu’il considère comme un héritage obligé: la terre. Luciano, en revanche, est tout le contraire : il veut tirer le meilleur de cet héritage, faire prospérer l’exploitation agricole, la terre de son village lucanien, Monte Aspro. Luciano, c’est le Sud ; Francesco, c’est le Sud émigré vers le Nord.

Francesco se sent étranger partout, comme L’étranger de Camus, que tu cites. Luciano, en revanche, est «de la race de ceux qui restent à terre», comme le dit Montale.

Dans le livre de Camus, il y a la relation entre colonisateur et colonisé, entre les deux rives de la Méditerranée. Francesco, en revanche, considéré comme un «terrone» (sudiste, au sens péjoratif) au Nord et un «milanais» au Sud, se sent étranger dans ces deux univers auxquels il appartient pourtant en même temps. Ce qui est assez terrible. Il se sent étranger, même lorsqu’il est seul.

Le père de Francesco est un émigré qui a réussi à s’intégrer dans le Nord. Mais qui a étouffé ses ambitions intellectuelles.

Le père vient du Sud, au début il vend des fleurs, puis il s’intègre. Et il met son fils en garde dès son plus jeune âge. Il lui dit : «Écoute, c’est un pays qui ne te permet pas de rêver, où ce qui compte, c’est la solidité matérielle, l’argent.»  Et lui-même a enfoui en lui toute quête contraire tournée vers le monde des idées. Pour Francesco, la tentative de saisir sa propre identité passe par l’élaboration d’un sentiment de honte vis-à-vis de ses origines. Il n’apprécie pas l’attachement que ses parents portent à la terre, à la matérialité; et il cherche à s’en affranchir.

La terre représente pour lui l’obsession des biens matériels, comme dans une celèbre nouvelle de Giuseppe Verga (n.d.r. écrivain du Sud de l’Italie, représentant du vérisme).

Exactement. À Milan, en revanche, c’est l’industrialisation qui incarne la matérialité. Et si ton père t’apprend à regarder la matière, qu’il s’agisse de l’industrie au Nord ou de la terre au Sud, tu peux être amené à rechercher son contraire: le rêve.

Dans le cadre d’Italissimo, rencontre du 9 avril 2026 avec à gauche Federica Manzon et au centre Giuseppe Catozzello. Photo Altritaliani

Aujourd’hui même le rêve est une marchandise, un slogan publicitaire : «rien n’est impossible», «poursuis ton rêve». Sous le signe de l’individualisme arriviste.

Ce n’est pas de l’arrivisme chez Francesco ; c’est l’ambition de devenir celui qu’il se sent être vraiment. Et en ce sens, son rêve est aussi un rêve collectif, car il interprète l’écriture comme l’écriture de la vérité, et la vérité concerne tout le monde. Bien sûr, il y a  la braderie commerciale du rêve, qui fonctionne très bien : et qui t’amène à rêver les rêves des autres, pas les tiens.

Le Sud de ton livre prend une dimension magique, à la manière de la littérature sud-américaine, avec le personnage de la grand-mère guérisseuse.

Ce que raconte ce livre, c’est précisément le moment où ce monde magique a cessé d’exister. La grand-mère de Francesco et de Luciano est la dernière guérisseuse du village. Il s’agit de personnages réels, qui existaient aussi dans le Nord : en parcourant l’Italie, on m’en a parlé partout. Une culture ancestrale, point de contact avec la spiritualité du monde, et de nature païenne.

Si la vie dans le Sud est restée ancrée dans la ruralité, celle du Nord “développé” est en revanche la vie aigre dont parlait un autre des auteurs que tu cites, Luciano Bianciardi.

Aigre, la vie l’est toujours. Luciano Bianciardi voyait les contradictions d’un pays qui, après la Seconde Guerre mondiale, se transformait en quelque chose d’autre. Dans les années soixante, Bianciardi part pour Milan dans l’illusion d’accéder à un monde culturel étincelant, au moment où naissent de nouveaux journaux, des maisons d’édition, dont Feltrinelli, des studios de photographie ; et il se rend compte que tout est vide. Francesco suit un peu le chemin de Bianciardi ; il tente de travailler et de s’insérer dans le monde de l’édition, de publier. Puis il s’en va. Finalement, il est en quelque sorte sauvé par les petits éditeurs, par ceux qui font encore les choses avec soin. Heureusement, il existe encore des lieux de refuge.

Dans le livre, une publication est refusée à Francesco (témoin d’un crime mafieux) pour “excès de vérité”. Comme si la vérité devait être modérée, dosée.

Les livres peuvent contenir une certaine dose de vérité, mais pas toute. Ce que raconte Francesco dans son livre s’est réellement passé et montre que les éditeurs ne sont pas disposés à publier toute la réalité telle qu’elle s’est réellement déroulée. La littérature, la poésie, auraient tendance à dire les choses dans leur vérité, à ancrer le récit dans la vérité; mais il y a ensuite l’édition, l’industrie culturelle. Qui souvent n’est pas disposée à la dire.

As-tu connu des cas de ce genre ?

Oui. Ce livre-ci n’a pas été très soutenu par son éditeur. Parce que je raconte, dans un certain univers, le monde culturel, en m’inspirant de faits réels.

Outre Camus, quels ont été les auteurs fondamentaux pour toi ?

Les écrivains italiens de l’après-guerre, ceux qui n’hésitent pas à se confronter à la réalité. Mario Rigoni Stern, Cesare Pavese, Pier Paolo Pasolini, Primo Levi. Et les Américains, cette lignée qui va de Steinbeck à Faulkner, Hemingway, et qui arrive jusqu’à Kent Haruf. Tous ceux qui laissent la rhétorique aux autres, comme le disait Montale. J’aime la langue quand elle est sobre, limpide. Les mots secs.

Tu peux me citer un auteur qui pêche par la rhétorique ?

Michel Houellebecq. Il y a dans ses livres un ego démesuré. L’art doit être le contraire : le dépouillement de l’ego. En Italie, je dirais Alessandro Manzoni, à certaines périodes.

Quel rapport as-tu avec les traductions de tes livres ?

Un bon rapport. Avec celles que je comprends.

En français, le titre est devenu L’été du mauvais œil. L’été, et un reflet de la culture ancestrale comme le mauvais œil, correspondent aux stéréotypes français sur l’Italie?

Nous avons essayé de conserver le titre original, «La fleur des illusions». Mais cela n’a pas été possible.

La fin de ton livre dit : «il restait encore une vie à construire». La fin est un commencement.

J’ai tout fait pour ne pas écrire un livre si désespéré.

Aussi pour des raisons éditoriales ?

Oui. Pour cela aussi. Et puis de toute façon, au milieu de l’hiver le plus froid, on découvre en soi un invincible été, disait Camus.

Merci Giuseppe!

LE LIVRE:

L’été du mauvais oeil
Giuseppe Catozzella
Buchet Chastel, 12 mars 2026, 285 p., 23€
Traduit de l’italien par Nathalie Bauer
https://www.buchetchastel.fr/catalogue/lete-du-mauvais-oeil/

  • Résumé de l’éditeur:

Francesco a toujours grandi entre deux mondes. Entre une vie terne à Milan et des étés brûlants en Basilicate avec son cousin Luciano qu’il admire tant. Entre son désir de devenir écrivain et les attentes de son père, qui a immigré au Nord pour mettre sa famille à l’abri du besoin. Entre la brutalité de la ville et son attachement à la terre et aux remèdes magiques de sa grand-mère. Dans une Italie brisée, ce pays qui tue les rêves, comment se construire sans trahir ? C’est à travers l’écriture et l’amour que Francesco espère trouver la liberté, quitte à voir s’envoler ses illusions.
Après Brigantessa, Giuseppe Catozzella signe un roman d’apprentissage vibrant sur une génération en quête de sens, tiraillée entre enracinement et nouveaux horizons.


INTERVISTA ORIGINALE IN ITALIANO

Il fiore delle illusioni. I nostri sogni e quelli degli altri – conversazione a Parigi con Giuseppe Catozzella

Giuseppe Catozzella. Foto Italissimo. Copyright Marco Curatolo libera per Buchet Chastel

Il libro di Giuseppe Catozzella, “Il fiore delle illusioni” (Feltrinelli), vincitore del Premio Vittorini, esce in Francia con il titolo “L’été du mauvais œil” (Buchet Chastel). È un romanzo che attraversa gli ultimi decenni di storia italiana. Il protagonista Francesco cresce nella periferia milanese coltivando il sogno della scrittura; torna d’estate nel paese della Basilicata da cui viene la sua famiglia e in cui suo cugino Luciano coltiva la terra, come generazioni prima di lui. La loro storia racconta il tentativo di sottrarsi a un destino che sembra già scritto; il conflitto tra il sogno (o l’illusione) e la realtà; il rapporto mai risoltosi tra il Nord e il Sud dell’Italia, entrambi, ciascuno a suo modo, eterni “paesi mancati”, in cui ci si può sentire stranieri in patria e sempre sospesi tra partire o restare, come diceva Verga. Ne abbiamo parlato, a Parigi, con l’autore.

Altritaliani: Il titolo originale (Il fiore delle illusioni) viene da una frase del drammaturgo Paul Claudel: “il fiore delle illusioni produce il frutto della realtà”.

Giuseppe Catozzella: una frase simile la si trova anche nello Zibaldone di Leopardi. Claudel e Leopardi ribaltano l’idea che l’illusione sia qualcosa di negativo. Dicono invece che l’illusione corrisponde proprio alla nostra parte più autentica che si mette alla prova. Se riusciamo a superare la prova dell’illusione, i momenti di sfiducia, di delusione, allora siamo pronti per diventare chi siamo. Mi è sembrato bello, e anche molto vero.

Quali sono le illusioni di cui parla il tuo libro?

Questo romanzo è il tentativo di raccontare gli ultimi trent’anni della storia italiana attraverso degli eventi cardine, e di farlo ruotando attorno a una domanda: in Italia è possibile immaginare di diventare chi si sente autenticamente di essere? Oppure è necessario andarsene? È ancora il famoso dilemma del romanzo di Verga, “I Malavoglia”: partire o restare? L’Italia è un paese giovanissimo, messo insieme da poco più di 150 anni, la cui classe dirigente non ha conosciuto un vero rinnovamento rispetto ai regimi dei Savoia e dei Borboni. In Italia non c’è mai stata una vera rivoluzione. Le connessioni con i territori delle famiglie sono rimaste le stesse. È un paese immobile. La borghesia di un paese ha bisogno di qualche generazione che si stacca dalla terra, per poi cominciare a guardare le stelle, come diceva Kant.

Al centro del tuo libro, c’è il rapporto tra due cugini. Francesco cresciuto vicino a Milano; Luciano rimasto in Basilicata. Incarnano la dicotomia tra Nord e Sud.

In Italia c’è una “questione meridionale” mai risolta, forse mai davvero affrontata. Due paesi in uno, in cui c’è la possibilità di sentirsi sempre stranieri, sempre altrove, nel proprio paese. Cosa che ad esempio in Francia, o altri paesi, non c’è. Francesco nasce al nord, da una famiglia di origine meridionale. Vuole realizzare la sua aspirazione di entrare nel mondo delle idee, della cultura, e per farlo crede di doversi strappare dalle sue origini materiali, da quella che vede come un’eredità scritta, la terra. Luciano invece è l’opposto: vuole portare a compimento quell’eredità, far fruttare l’azienda agricola, la terra del paese lucano, Monte Aspro. Luciano è il Sud, Francesco il Sud emigrato al Nord.

Francesco si sente straniero ovunque, come L’étranger de Camus, che citi. Luciano invece è della razza di chi rimane a terra, come dice Montale.

Nel libro di Camus c’è il rapporto tra colonizzatore e colonizzato, tra le due sponde del Mediterraneo. Invece Francesco, considerato “terrone” al Nord e “milanese” al Sud, si sente straniero proprio a casa sua. Il che è abbastanza terribile. Straniero anche da solo.

Il padre di Francesco è un emigrato che è riuscito a integrarsi al Nord. Ma che ha soffocato le sue ambizioni intellettuali.

Il padre arriva dal sud, all’inizio vende fiori, poi si integra. E mette in guardia il figlio fin da piccolo. Gli dice, guarda che questo è un paese che non ti consente di sognare, in cui quel che conta è la solidità materiale, i soldi.  E lui stesso ha seppellito dentro di sé ogni ricerca contraria, diretta verso il mondo delle idee. Per Francesco, il tentativo di afferrare la propria identità passa dall’elaborazione di un senso di vergogna per le proprie origini. A Francesco non va bene che i suoi genitori siano così legati alla terra, alla materialità. E cerca di affrancarsi.

Immagine tratta dal blog di Catozzella https://www.giuseppecatozzella.it/

La terra per lui è ancora la “roba” della novella di Verga? L’ossessione per i beni materiali?

Esattamente. A Milano invece la stessa cosa è rappresentata dall’industrializzazione. E se il padre ti insegna a guardare la materia, che sia l’industria al Nord o la terra al Sud, tu puoi essere portato a cercare l’opposto. Il sogno.

Oggi, però, anche il sogno è merce, slogan pubblicitario: “nulla è impossibile”, “insegui il tuo sogno”. Nel segno del’individualismo arrivista.

Quello di Francesco non è arrivismo; è ambizione di diventare chi si sente di essere. E in questo senso il suo è anche un sogno collettivo,  perche interpreta la scrittura come scrittura della verità, e la verità è per tutti. Certo, ora c’è stata la svendita commerciale del sogno, che funziona benissimo: e ti porta a sognare i sogni degli altri, non il tuo.

Il Sud del tuo libro prende una dimensione magica, da letteratura sudamericana, con la figura della nonna guaritrice.

Quello che è raccontato in questo libro è proprio il  momento in cui quel mondo magico ha smesso di esistere. La nonna di Francesco e Luciano è l’ultima rimediante del paese. Si tratta di figure reali ,che esistevano anche al Nord: girando per l’Italia me ne hanno parlato ovunque. Una cultura ancestrale, punto di contatto con la spiritualità del mondo, e di natura pagana.

Se la vita al Sud è rimasta ancorata a una condizione rurale, quella del Nord “sviluppato” è invece la vita agra di cui parlava un altro degli autori che citi, Luciano Bianciardi.

La vita lo è sempre, agra. Luciano Bianciardi vedeva le contraddizioni di un paese che dopo il secondo dopoguerra si stava trasformando in qualcosa d’altro. Negli anni Sessanta Bianciardi va a Milano nell’illusione di accedere a uno scintillante mondo culturale, nel momento in cui nascono nuovi giornali, case editrici, tra cui Feltrinelli, gli studi di fotografia; e si accorge che è tutto vuoto. Francesco ripercorre un po’ la strada di Bianciardi; prova a inserirsi nel mondo editoriale, a pubblicare. E poi se ne va. Alla fine è salvato in qualche modo dai piccoli editori, da chi fa ancora le cose con cura. Per fortuna ci sono ancora luoghi di salvezza.

Nel libro, una pubblicazione viene rifiutata a Francesco (testimone di un delitto di mafia) per “eccesso di verità”. Come se la verità dovesse essere mediata, centellinata.

I libri possono contenere una certa quantità di verità. Ma non tutta. Quel che racconta Francesco nel mio libro è realmente accaduto e mostra che gli editori non sono disposti a pubblicare tutta la realtà per come è davvero accaduta. La letteratura, la poesia, tenderebbero a dire le cose nella loro verità, a inchiodare il racconto alla verità; ma poi di mezzo c’è l’editoria, l’industria culturale. Che spesso non è disposta a dirla.

Hai avuto casi del genere?

Sì. Questo stesso libro non è stato molto appoggiato dal suo editore. Perché racconto in un certo mondo il mondo culturale, ispirandomi a fatti reali.

Oltre a Camus, quali sono stati gli autori fondamentali per te?

Gli scrittori italiani del secondo dopoguerra, quelli che non si tirano indietro dal confronto con la realtà. Mario Rigoni Stern, Cesare Pavese, Pier Paolo Pasolini, Primo Levi. E gli americani, la dorsale che parte da Steinbeck Faulkner, Hemingway, e che arriva a Kent Haruf. Tutti quelli che lasciano agli altri la retorica, come diceva Montale. Mi piace la lingua quando si specchia in se stessa. Le parole secche.

Mi dici qualche autore che pecca di retorica?

Michel Houellebecq. C’è un ego spropositato là dentro. L’arte deve essere l’opposto: la spoliazione dall’ego. In Italia, direi Alessando Manzoni, in certe fasi.

Che rapporto hai con le traduzioni dei tuoi libri?

Bello. Con quelle che capisco.

In francese il titolo è diventato L’été du mauvais oeil. L’estate, e un riflesso di cultura ancestrale come il malocchio, corrispondono agli stereotipi francesi sull’Italia.

Noi c’abbiamo provato a conservare l’originale, “Il fiore delle illusioni”. Ma non ci siamo riusciti.

Il finale del tuo libro dice: “c’era ancora una vita da costruire”. La fine è un inizio.

Ho cercato in tutti i modi di non fare un libro così disperato.

Anche per ragioni editoriali?

Sì. Anche per quello. E poi comunque, nel mezzo del più rigido inverno, troviamo in noi un’invincibile estate, diceva Camus.

Grazie da Altritaliani.

Intervista a cura di Maurizio Puppo

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Maurizio Puppo
Maurizio Puppo, nato a Genova nel 1965, dal 2001 vive a Parigi, dove ha due figlie. Laureato in Lettere, lavora come dirigente d’azienda e dal 2016 è stato presidente del Circolo del Partito Democratico e dell'Associazione Democratici Parigi. Ha pubblicato libri di narrativa ("Un poeta in fabbrica"), storia dello sport ("Bandiere blucerchiate", "Il grande Torino" con altri autori, etc.) e curato libri di poesia per Newton Compton, Fratelli Frilli Editori, Absolutely Free, Liberodiscrivere Edizioni. E' editorialista di questo portale dal 2013 (Le pillole di Puppo).

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