Si è spento Alessandro Levi Sandri indimenticato Console generale a Parigi.

« E adesso che farai, amico mio, col tuo libro su Paul Lafargue? ». A questa domanda – e a tante altre – Alessandro non può più rispondere. Quando Alessandro Levi Sandri veniva a Parigi, da Roma o dalla Nuova Zelanda, mi parlava di un sacco di cose, tra cui quella sua idea (diventata un simpatico tormentone) di scrivere il libro sul filosofo francese nato a Cuba nel 1842 e morto a Draveil nel 1911.

Morto per scelta e per rifiuto dell’idea di invecchiare. « Sain de corps et d’esprit – scriveva Paul Lafargue subito prima di togliersi la vita con la moglie Laura Marx – je me tue avant que l’impitoyable vieillesse – qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles – ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres ». Lafargue ha rifiutato di arrivare ai settant’anni.

Il suo ammiratore Alessandro Levi Sandri voleva arrivarci, eccome. Alessandro apprezzava i suoi scritti controcorrente e la sua libertà di pensiero ; non certo l’idea di rinunciare alla vita. All’età di 67 anni, di progetti per riempirla ne aveva un sacco. Il tempo gli è mancato.

Levi Sandri ambasciatore in Nuova Zelanda

Alessandro non c’è più, e per tutti gli amici di Parigi il colpo è durissimo. Amici numerosi e sinceri, che hanno imparato ad amarlo per le sue capacità professionali di diplomatico e anche per le sue straordinarie doti umane, negli anni in cui è stato console generale. Alessandro sorrideva spesso. Lo faceva in quel modo particolare che usano le persone molto intelligenti e molto generose. Quelle che negli altri sanno vedere il bene e anche cogliere gli scivoloni, senza mai approfittare di questi ultimi. In un mondo prigioniero delle sue contrapposizioni, Alessandro smontava – con quel suo sorriso ironico e con battute apparentemente semplici – le arroganti certezze di chi crede sempre d’avere la verità in tasca. Alessandro Levi Sandri era una persona profondamente onesta. Un uomo squisito di cui siamo in tanti in Francia (e non certo solo qui) a percepire già l’assenza.

Appena era arrivato a Parigi come console generale d’Italia, Alessandro Levi Sandri ha messo alla prova la mia memoria e il mio senso dell’humour ricordandomi la scenata che nel 1984 l’allora ministro della Difesa mi fece durante un viaggio a Belgrado, a causa del titolo che un redattore sbadato aveva fatto ad un mio articolo. In quel momento lui faceva parte dello staff dei diplomatici italiani in quel paese che ormai non c’è più (pare si chiamasse Jugoslavia).

Dopo gli anni al Consolato di Parigi[[Alessandro Levi Sandri è stato Console Generale a Parigi dal 2 agosto 2004 al 29 settembre 2008]], è rientrato a Roma e poi è partito come ambasciatore per la Nuova Zelanda, dove ha tra l’altro contribuito al ritorno nella nostra penisola di opere d’arte italiane (partite per quel lontano paese insieme ai soldati che avevano combattuto durante la Seconda Guerra mondiale intorno a Montecassino). « La tragedia di Montecassino trova il suo epilogo in questo gesto simbolico di pace e di fratellanza universale« , ha detto nel 2014 Alessandro, celebrando nelle sue vesti di ambasciatore d’Italia il ritorno a Montecassino e a Faenza dei capolavori d’arte da lui recuperati col coraggio del dialogo.

L’ultima volta che ci siamo visti a quattr’occhi – affondando le forchette tra gli spaghetti all’amatriciana che avevo appena spadellato – Alessandro mi ha parlato come al solito degli amici che avrebbe visto qui a Parigi e di quelli che gli spiaceva non riuscire a vedere a causa della breve durata del suo viaggio. Mi ha parlato dei suoi figli, che naturalmente amava e che in più ammirava. Poi ci siamo messi a scherzare e a cazzeggiare un po’, con le nostre battute non sempre politically correct. Alla fine mi ha mostrato quelle pagine del libro su Lafargue e io gli ho buttato lì una frase come: « Ma sono quindici anni che me ne parli ! Ti ci vorrebbe un’eternità per scriverlo ! ». Adesso ce l’hai, caro Alessandro.

Alberto Toscano

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Alberto Toscano
Alberto Toscano est docteur en Sciences politiques à l’Université de Milan, journaliste depuis 1975 et correspondant de la presse italienne à Paris depuis 1986. Ex-président de la Presse étrangère, il est l’un des journalistes étrangers les plus présents sur les chaînes radio-télé françaises. Depuis 1999, il anime à Paris le Club de la presse européenne. Parmi ses livres, ‘Sacrés Italiens’ (Armand Colin, 2014), ‘Gino Bartali, un vélo contre la barbarie nazie', 2018).

2 Commentaires

  1. Si è spento Alessandro Levi Sandri indimenticato Console generale a Parigi.
    Notre ami, mon ami Alessandro Levi Sandri,
    nous a quitté samedi 10 décembre 2016 à Rome.
    Il a été à Paris consul general de 2004 à 2008 puis ambassadeur d Italie a Wellington.

    C’était un homme rare, d’une grande culture,
    s’intéressant à tout, profondément humain.
    On le voyait quand il venait à Paris et je le voyais souvent à Rome.
    Il a été très present pour chacun d’entre nous ses amis!
    Pour ma part son amitié, sa présence, son sourire vont
    me manquer.
    Mais il restera present dans le souvenir.

    Jacqueline Zana Victor

  2. Disparition d’Alessandro LEVI-SANDRI
    J’ai lu sur votre site l’article, excellent, d’Alberto TOSCANO sur Alessandro Levi Sandri, parti sans crier gare.

    A mon tour, bien qu’avec un passé tout différent du sien, j’aimerais y réagir et vous faire part de mon propre regard, personnel, parcellaire et subjectif sur ce temps, si long, où nous sommes restés Alessandro et moi de vrais amis.

    ***

    Cette nouvelle nous est tombée dessus comme le ciel sur la tête, improbable tsunami, aberration idiote de l’histoire.

    Sandro? Parti pour un si long voyage? C’était impensable et c’est indicible. Le vide va pouvoir, va devoir s’installer et prendre ses aises, ce salopard qui nous l’a enlevé.

    Parti, avec cette ironie et cette «mal-pensance», puissantes et saines, qui étaient les siennes et dont Alberto nous a si bien parlé. Parti, levant son verre de prosecco, des bulles plein l’esprit.

    Sandro? più o meno il mio gemello, ce «jeunot» né un jour après moi, «sauf que – diceva- sono nato alle 16.00, dopo la siesta». «Le Droit à la paresse» de Lafargue était-il prédestiné dans ses gênes ?

    Et, depuis la Scuola Europea, tout au long de ces 56 ans, nous n’avons jamais, malgré nos errances de par les latitudes de la planète, non jamais perdu ce qui nous relie: ce fil rouge, come la bandiera dello stesso nome…

    A l’âge de 11 ans, à Bruxelles (où faut dire qu’il était beau à faire craquer l’Internationale des filles du Lycée!), il m’apprenait Dante dans le texte («O Mantovano, io sono Sordello della tua terra, è l’un l’altro abbracciava »), à 18 ans, il m’emmenait sur les rives de l’Arno et autre piazza dei Miracoli à Pisa, à 20, il me faisait découvrir l’éléphant blanc de la piazza della Minerva et m’initiait aux chaussettes cardinales de chez Gammarelli. A Paris, de bouquiniste en promenade dans l’insolite, il me montrait l’envers de ma ville, qu’il connaissait mieux que moi. A Wellington ? des frites et des moules aussi grandes que des homards.

    L’épaisseur des œuvres complètes de Balzac ne suffiraient pas à toutes les conter.

    Ensemble, jamais de honte: ni à pleurer de rire, ni à pleurer tout court.

    Sandro? Des nuits à bavasser, de tout, de rien : des méandres –parfois tourmentés- de nos vies, de nos espoirs, de nos douleurs, de ces connards estampillés de la politique qu’il méprisait du haut de ses utopies qu’il «gardait au cœur» : un avenir meilleur et plus solidaire, Johnny Halliday ou la locomotiva, Nietsche ou San Antonio. Il était puits de culture, puits de curiosité, puits de sens. Puits d’amour, d’abord, pour ses Enfants : eux, son Graal,sa richesse première et ultime. Eux, indéfectibles, omniprésents. Que de larmes à la messe dite à Sant’Agnese pour son «1er petit-fils», Gabriele, que de fierté quand Giulia criait «Nonno» en le voyant à la sortie de l’école, que d’admiration pour Tomaso («tu as vu combien il me ressemble?») ed il suo fratello, si attendu. Sans parler de ses Parents, Bice et Lionello, des êtres qui étaient et qu’il savait exceptionnels.

    Tout était bon à dire ou à taire: la compréhension mutuelle passe, aussi, par des silences, longs mais forts. C’est bien cela qui rend une relation unique. Chacun de nous a la sienne. En propre.

    Les ors de la République, italiens ou français ou maoris? «E sti’cazzi ? Non me ne frega un cazzo». Au-delà des apparences, comme toujours trompeuses, il s’en amusait. L’important n‘était pas là, même s’il en maîtrisait les codes de bon aloi. On est tellement mieux, disait-il, quand on est avec soi-même, avec ceux que l’on chérit et qu’on ne peut, bien évidemment, que continuer à autant chérir, par-delà les ruptures, par-delà les distances et les frontières.

    Plutôt refaire le monde, se raconter les recoins de nos vies, de nos pensées, de nos idées: et il n’en manquait pas, le bougre. Pétillant et pétulant. Captivant et surprenant. Intelligent. Epatant.

    Nous l’avons tant aimé. «C’eravamo tanto amati». Le script de Scola est, autrement, le nôtre… Ti abbiamo amato tanto. Ti amiano noi tutti, chi siamo qui oggi. Ed anche gli altri, même si, comme toi, les absents ont toujours tort. Claro, caro ? Claro, caro ! A tout de suite.

    Anne CUNEO

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