Livres et romans italiens pour votre été – Nouveautés

Voici une sélection de nouveautés éditoriales en version originale ou traduction française pour ceux d’entre vous qui aiment lire des auteurs italiens ou lire « autour de l’Italie ». Ce sont des suggestions, des coups de cœur de nos libraires de confiance à Paris, en particulier de La Libreria, rue du Faubourg Poissonnière et de La Tour de Babel, rue du Roi de Sicile, pour vous tenir compagnie, vous distraire agréablement, retrouver le plaisir de rêver, de vous émouvoir, de réfléchir, en cette saison de détente estivale, à l’ombre d’un parasol ou non.

livres été 2018

Le temps de la fête et des roses, d’Alberto Garlini
Editions Gallimard
Collection Du monde entier
Traduit de l’italien par Vincent Raynaud
Parution : 01-02-2018
448 pages – 23,50€

Dans la campagne émilienne. Roberto, neuf ans, assiste à un rituel effrayant : on tue le cochon. Ce jour-là, il se fait un nouvel ami, Riccardo, et ils croisent par hasard un jeune écrivain, Pier, qui les protège contre les drogués du coin. Pasolini a été assassiné la veille, une époque se termine, place à une ère nouvelle : les années 80 se profilent déjà à l’horizon. Pour les deux garçons, vient alors le temps de l’adolescence. C’est aussi le temps des amours : Riccardo a Chiara, l’amour de sa vie, et Roberto retrouve Pier, qui l’aime puis l’abandonne. Ils traversent ces années en pleine ivresse, fonçant à tombeau ouvert sur les routes d’Europe, des fêtes d’Ibiza à la Rome des premiers grands festivals culturels, d’Odessa à Barcelone, jusqu’à l’inévitable catastrophe. Le temps de la fête et des roses suit leur parcours à tous les quatre, Pier, Roberto, Riccardo et Chiara, que cette période violente et sombre va réunir puis séparer, sacrifiant certains et sauvant miraculeusement les autres.

Lyrique et envoûtant, Le temps de la fête et des roses (paru en 2007 chez Mondadori sous le titre « Tutto il mondo ha voglia di ballare ») est une étape supplémentaire dans le voyage qu’accomplit Alberto Garlini dans l’histoire italienne récente. Cette fois, il nous plonge dans les années 80, dont il dresse un portrait noir et festif, subtil et violent, mais toujours sans concession.

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Revenir à Palerme, de Sébastien Berlendis
Editions Stock
Collection La Bleu
Parution 25/04/2018
144 pages – 13,50€

Une quête intime à Palerme, au ton joliment durassien.

« La nuit, chaque ruelle parcourue réveille un crépitement d’images. Le claquement des talons imprime dans ma tête le pouls de la ville. » Huit ans plus tard, le temps d’un été, un homme retrouve la ville de Palerme. Il habite un ancien palais sur les hauteurs, une bâtisse appelée à disparaître. Une dernière fois, il va arpenter les rues, celles de la vieille ville surtout. Des marches le plus souvent nocturnes, de cafés en cafés, de corps en corps. Le souvenir de Délia remonte alors.

Sébastien Berlendis vit à Lyon où il enseigne la philosophie. Il a publié Une dernière fois la nuitL’Autre Pays et Maures chez Stock…

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Le coquillage d’Anataï, de Carlo Sgorlon
Editions du Rocher
Traduit de l’italien par Jacqueline Malherbe-Galy et Jean-Luc Nardone
Date de parution : 01.02.2018
312 pages – 23€

Dans la Russie du tsarisme finissant, au coeur d’une Sibérie dangereuse et grandiose, une diaspora de Frioulans, composée de tailleurs de pierres, de menuisiers, de terrassiers et de forgerons, participe à la construction de la ligne transsibérienne. Ponctuée d’épisodes tragiques, leur lutte est épuisante, aggravée par des conditions de vie extrême.Avec les Tartares et les Mongols, ils forment une communauté villageoise chaleureuse et contrastée, même si le sentiment d’être en terre étrangère est toujours vif en eux. Ensemble, ils poursuivent cette tâche titanesque, artisans acharnés de la modernité, dans une nature vierge, sauvage et glacée où vivent les forces primitives. Une lutte forcenée où ils prennent la stature de héros.Le vieil Anataï, chasseur légendaire, attaché à son grand coquillage de mer, est la mémoire de cette terre mythique et Aïdym, la jeune Kirghize, la déesse tutélaire du foyer. Sgorlon signe un roman riche d’humanité, traversé par le souffle puissant de la tragédie et de l’épopée. Une oeuvre envoûtante.

Carlo Sgorlon (Cassacco 1930 – Udine 2009) a étudié à l’École normale de Pise et à Munich. Il a mené une carrière de professeur parallèlement à celle d’écrivain toujours attentif à la vie de son petit peuple frioulan, à la croisée des frontières de l’Italie du Nord. Auteur d’une vingtaine de romans, il obtenu en 1973 le prix Super Campiello pour son roman Il Trono di legno (Le trône de bois) et en 1983 pour La Conchiglia di Anataj (Le Coquillage d’Anataï). Il s’est aussi vu décerner le prix Strega en 1985 puis les prix Napoli et Nonino en 1989. Il fait aujourd’hui l’objet d’un hommage unanime et de récentes études critiques saluent son oeuvre singulière.

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Les  commencements, di Giuseppe Bonaviri
Traduction de l’italien, postface et annotations de Philippe Di Meo
Editions La Barque
176 pages, 22€
Parution 2018

Avec Les Commencements, paru en 1983 en Italie aux éditions Sellerio (traduit pour la première fois en français), Giuseppe Bonaviri semble enfin avoir trouvé une forme en adéquation avec son imaginaire circulaire, dont l’épicentre est Mineo, sa ville natale, point de départ de son œuvre, et de ce livre en particulier, entre tous inclassable. Dans une langue étonnement sensuelle, il côtoie de nombreux registres auparavant explorés, augmentés par l’astronomie et l’ethnographie… Et, surtout, tout au long, il alterne ingénieusement prose et poème, l’un et l’autre traitant d’un seul et même thème, où résonne l’espace-temps d’une parole en son rappel authentique, dont l’ampleur des propos, à forte résonance cosmique, retient durablement.

Giuseppe Bonaviri, médecin, écrivain et poète, est né à Mineo, en Sicile, le 11 juillet 1924. Après avoir obtenu un diplôme à Catane, il a exercé le métier de généraliste et s’est installé à Frosinone, au sud-est de Rome, où il se spécialise en cardiologie et où il vécut jusqu’à sa mort, le 21 mars 2009.

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Presque une histoire d’amour, de Paolo Di Paolo
Editions Belfond
Traduit de l’italien par Renaud Temperini
Date de parution : 01/03/2018
192 pages – 19€

Après Tanta Vita ! et Où étiez-vous tous, celui qu’Antonio Tabucchi surnommait « le jeune prodige des lettres italiennes » nous revient avec une comédie douce-amère sur les jeux de l’amour et du hasard. Vive, intelligente, subtile, portée par une construction virtuose qui n’est pas sans rappeler Les Fausses Confidences de Marivaux, une plongée dans la relation passionnée entre deux cœurs amoureux…

Il y a Nino, la petite vingtaine, qui revient de Londres et vivote à Rome en donnant des cours de théâtre. Il y a la jeune et douce Teresa, fraîchement romaine, encore sous le choc du drame amoureux qu’elle vient de traverser. Et Grazia, tante de Teresa, professeure de Nino, une actrice dont la carrière a échoué, la bonne étoile qui précipitera le destin.
Premiers instants, premiers regards, premiers frissons. Sourires timides, conversations polies, mains qui se frôlent. Débats enflammés sur la vie en général, le théâtre en particulier.
Premier baiser… Et puis la réalité les rattrape, spontanée, souvent brutale, ne leur laissant plus d’autre choix que d’assumer leurs sentiments ou de partir pour un dernier jeu de rôle, avant que le rideau ne se referme…

Paolo Di Paolo est né à Rome en 1983. Remarqué par la critique, traduit en plusieurs langues, Paolo Di Paolo a été finaliste des prix Campiello et Italo Calvino en 2003 avec son roman Nuovi cieli, nuove carte, du prix Strega 2013, le Goncourt italien, pour Tanta Vita! !(Belfond, 2014) et des prix Mondello et Superpremio Vittorini en 2012 pour Où étiez-vous tous (Belfond, 2015). Presque une histoire d’amour est son troisième livre paru chez Belfond.

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Histoire de la Sicile des origines à nos jours, de Jean-Yves Frétigné
Editions Fayard
Nouvelle édition mars 2018
480 pages – 13€

Difficile d’imaginer un territoire sur lequel se sont succédé autant de civilisations brillantes et où tant de populations se sont tour à tour installées! De l’Antiquité à nos jours, la Sicile a abrité quelques-unes des cités grecques, romaines et byzantines les plus prestigieuses, des établissements célébrés dans le monde musulman. Sa position de carrefour de la Méditerranée ne se dément pas, elle s’impose comme un point d’entrée en Europe, pour les migrants du xxie  siècle comme elle l’était par le passé pour les voyageurs venus d’Afrique ou du Moyen-Orient.
La Sicile a été subjuguée par une poignée de chevaliers venus de Normandie, conquise mais jamais réellement dominée par l’Empire germanique, par les Angevins, par les Aragonais et les Espagnols, par les Bourbons de Naples, avant de devenir une province italienne unique en son genre. Terre de culture d’une densité et d’une personnalité historiques très fortes mais aussi victime de nombreux préjugés, la Sicile est un objet d’histoire à part entière.
Ouvrage de référence autant que compagnon de voyage, le récit documenté de Jean-Yves Frétigné n’a pas d’équivalent sur le sujet.

Maître de conférences à l’université de Rouen, ancien membre de l’École française de Rome, Jean-Yves Frétigné est spécialiste de l’histoire italienne des xixe et xxe siècles. Parmi ses ouvrages, sa biographie de Giuseppe Mazzini (préfacée par Pierre Milza, Fayard, 2006) a été couronnée par le prix de l’Académie du Maine.

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Et pour terminer deux beaux romans italiens récents en cours de traduction en langue française

Sangue giusto, di Francesca Melandri
Rizzoli
pp 528 – 20€
Data di uscita settembre 2017

Roma, agosto 2010. In un vecchio palazzo senza ascensore, Ilaria sale con fatica i sei piani che la separano dal suo appartamento. Vorrebbe solo chiudersi in casa, dimenticare il traffico e l’afa, ma ad attenderla in cima trova una sorpresa: un ragazzo con la pelle nera e le gambe lunghe, che le mostra un passaporto. «Mi chiamo Shimeta Ietmgeta Attilaprofeti» le dice, «e tu sei mia zia.» All’inizio Ilaria pensa che sia uno scherzo. Di Attila Profeti lei ne conosce solo uno: è il soprannome di suo padre Attilio, un uomo che di segreti ne ha avuti sempre tanti, e che ora è troppo vecchio per rivelarli. Shimeta dice di essere il nipote di Attilio e della donna con cui è stato durante l’occupazione italiana in Etiopia. E se fosse la verità? È così che Ilaria comincia a dubitare: quante cose, di suo padre, deve ancora scoprire? Le risposte che cerca sono nel passato di tutti noi: di un’Italia che rimuove i ricordi per non affrontarli, che sopravvive sempre senza turbarsi mai, un Paese alla deriva diventato, suo malgrado, il centro dell’Europa delle grandi migrazioni. Con Sangue giusto Francesca Melandri si conferma un’autrice di rara forza e sensibilità. Il suo sguardo, attento e profondissimo, attraversa il Novecento e le sue contraddizioni per raccontare il cuore della nostra identità.

Francesca Melandri (Roma, 1964) ha lavorato per molti anni come sceneggiatrice, prima di esordire nel 2010 nella narrativa con Eva dorme. Nel 2012 ha pubblicato per Rizzoli Più alto del mare, finalista al Premio Campiello e vincitore del Premio Rapallo Carige. I suoi romanzi sono tradotti nelle principali lingue europee.

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La ragazza con la Leica, di Helena Janeczek
Edizioni Guanda (2017)
336 pagine, 18€
Romanzo vincitore del Premio Strega 2018 (Il devrait sortir en fin d’année chez Actes Sud, dans une traduction de Marguerite Pozzoli)

Il 1° agosto 1937 una sfilata piena di bandiere rosse attraversa Parigi. È il corteo funebre per Gerda Taro, la prima fotografa caduta su un campo di battaglia. Proprio quel giorno, avrebbe compiuto ventisette anni.

Robert Capa, in prima fila, è distrutto: erano stati felici insieme, lui le aveva insegnato a usare la Leica e poi erano partiti tutti e due per la Guerra di Spagna. Nella folla seguono altri che sono legati a Gerda da molto prima che diventasse la ragazza di Capa: Ruth Cerf, l’amica di Lipsia, con cui ha vissuto i tempi più duri a Parigi dopo la fuga dalla Germania; Willy Chardack, che si è accontentato del ruolo di cavalier servente da quando l’irresistibile ragazza gli ha preferito Georg ­Kuritzkes, impegnato a combattere nelle Brigate Internazionali. Per tutti Gerda ­rimarrà una presenza più forte e viva della celebrata eroina antifascista: Gerda li ha spesso delusi e feriti, ma la sua gioia di ­vivere, la sua sete di libertà sono scintille capaci di riaccendersi anche a distanza di decenni. Basta una telefonata intercontinentale tra Willy e Georg, che si sentono per tutt’altro motivo, a dare l’avvio a un romanzo caleidoscopico, costruito sulle fonti originali, del quale Gerda è il cuore pulsante. È il suo battito a tenere insieme un flusso che allaccia epoche e luoghi lontani, restituendo vita alle istantanee di questi ragazzi degli anni Trenta alle prese con la crisi economica, l’ascesa del nazismo, l’ostilità verso i rifugiati che in Francia colpiva soprattutto chi era ebreo e di sinistra, come loro.
Ma per chi l’ha amata, quella giovinezza resta il tempo in cui, finché Gerda è vissuta, tutto sembrava ancora possibile.

Helena Janeczek, nata a Monaco di Baviera in una famiglia ebreo-polacca, vive in Italia da oltre trent’anni. È autrice dei romanzi Le rondini di Montecassino (Guanda, 2010), finalista al Premio Comisso e vincitore del Premio Napoli, del Premio Sandro Onofri e del Premio Pisa, Lezioni di tenebra (Guanda, 2011) e La ragazza con la Leica (Guanda, 2017), che nel 2018 ha vinto il Premio Strega e il Premio Bagutta

Bonnes lectures!

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