Altritaliani
Jusqu’au 15 octobre 2011

Exposition Esther Stocker : "Dirty geometry" - Galerie Alberta Pane, Paris

sabato 1 ottobre 2011 di Domenico Biscardi

Après le prestigieux MACRO de Rome et la Künstlerhaus de Hanovre, la Galerie Alberta Pane, Paris 3e, accueille à son tour et jusqu’au 15 octobre une grande installation et des acryliques sur toile d’Esther Stocker, une artiste internationale, née au Nord de l’Italie dans la province autonome de Bolzano. Esther Stocker investit totalement la galerie Alberta Pane s’appropriant sols, murs et plafonds de ses recherches autour de la vision optique et de la perception spatiale. A découvrir lors de vos flâneries dans le Marais.

Pour les simples curieux comme pour les personnes plus averties en matière d’art contemporain, la découverte d’un nouvel artiste à Paris est de l’ordre, dirait-on, de “l’habituel”. La capitale française est en effet devenue depuis quelques années l’un des acteurs majeurs d’un secteur qui attire l’attention du public et les convoitises des collectionneurs. L’organisation de salons à la renommée planétaire et l’ouverture fréquente de nouvelles galeries en ville témoignent de cette fièvre qui avait d’abord contaminé d’autres capitales, New York et Londres en tête.

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Esther Stocker - Photo©Takeshi SUGIURA

Un phénomène de cette taille cache, comme il est normal, un vaste monde où se mélange la vraie créativité, des talents extraordinaires et des aventuriers de l’art, parfois plus habiles à imiter l’inspiration des autres qu’à exprimer de manière originale et convaincante leur propre univers. Il n’est donc pas rare qu’un certain scepticisme puisse accompagner des expositions et des installations qui font plus de bruit qu’elles n’apportent un souffle artistique nouveau. Dans ce cadre complexe, une heureuse découverte n’est pas si évidente et risque de véritablement bouleverser l’œil curieux.

C’est dans le Marais, quartier général de nombreuses galeries parisiennes, que nous avons rencontré l’italienne Esther Stocker, à la Galerie "Alberta Pane" où elle expose actuellement. Le titre de l’exposition Dirty Geometry fait immédiatement référence au parti pris de l’artiste profondément attirée, nous a-t-elle expliqué, par le paradoxe né de la rencontre entre ordre et désordre, et par l’influence que cette rencontre peut avoir sur l’observateur.

Née en 1974 à Silandro, dans la province autonome de Bolzano à la frontière de l’Autriche, Esther passe son enfance à la montagne, un espace libre et sauvage qu’elle opposera ensuite aux villes où elle habitera : Vienne – surtout – et Chicago. Un contraste, celui entre monde rural et monde urbain, qui l’amène d’abord à réfléchir sur le pouvoir subordonnant de l’architecture, particulièrement fort à Chicago, ville à la grille morphologique très rigide. Elle lui a été fondamentale, dit-elle, pour comprendre à fond la structure des villes européennes. L’artiste est captivée par la relation que les habitants instaurent avec cette structure géométrique rigide, observe comment la liberté individuelle se rapporte à ces espaces réglés et s’émerveille sur la manière dont l’élément irrégulier interrompt cet environnement régulier. Esther Stocker observe avec la même intensité les rapports entre les êtres humains, des rapports qu’elle considère comme étant «géométriques», «car il y a une géométrie entre les personnes. Nous sommes très précis dans la manière de nous rapporter aux autres, sans pour autant passer notre temps à faire des calculs. J’aime comme ces relations peuvent changer, dans un sens comme dans un autre, suivant la courbe d’un développement, d’un collapsus ou d’une régression».

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Esther Stocker - Photo©Takeshi SUGIURA

Dans les constructions géométriques qu’elle conçoit lors de ses expositions, Esther Stocker reproduit des espaces modulaires se répétant à l’infini, à l’intérieur desquels elle introduit l’imperfection, le doute, une sensation de surprise qui déroute et invite l’observateur à questionner son point de vue, dans un processus – affirme l’artiste – où la liberté du visiteur n’est jamais remise en question. Celui qui observe n’est jamais contraint de changer d’avis. Le questionnement doit partir d’une exigence personnelle que l’œuvre se limite à suggérer. Il s’agit d’une démarche de perception des choses, de fascination esthétique qui peut par la suite amener au changement. Les images peuvent successivement entrer dans un processus plus intellectuel et cognitif et la fascination du regard passer d’un plan plus esthétique à une dimension de réflexion plus générale et sociale.
Ces abstractions, souligne la galeriste, «sont des métaphores d’une société dans laquelle de faibles ruptures permettent de déstabiliser tout un ordre réglementé». Complètement immergé dans un espace qui l’enveloppe, le spectateur trouve son point d’observation dans l’espace, ne le subit pas, mais réalise l’importance de choisir une position, devient pleinement conscient de cet acte simple et puissant à la fois.

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Esther Stocker - Photo©Takeshi SUGIURA

Cette démarche d’appropriation de l’espace concerne tout autant - en amont - l’artiste elle-même, laquelle doit d’abord commencer par s’approprier du lieu où elle va exposer. Aux ébauches faites à Vienne dans son atelier sur la base des images que les galeristes lui envoient, suit la véritable installation in situ à quelques jours du vernissage. Le dessin – nous révèle-t-elle – l’aide à trouver où qu’elle aille sa dimension, à s’immerger sans s’égarer, sachant qu’il est toujours possible d’apporter des modifications au projet d’origine, grâce notamment à la flexibilité des matières utilisées, du ruban adhésif et du carton (celui des maquettes d’architectes).
Malgré la simplicité de ces éléments, le résultat est puissant, la démarche convaincante. Esther Stocker souligne le paradoxe qui est à la base de tout équilibre, le mélange d’ordre et désordre, avec un raffinement graphique hors pair et nous interroge avec efficacité sur la relativité de nos points de vue.

Domenico Biscardi

Crédits Photo : Takeshi SUGIURA, Cortesy de la Galerie Alberta Pane et Esther Stocker

ESTHER STOCKER
Dirty Geometry
Du 10.09.11 au 15.10.11

Galerie Alberta Pane
14, rue Saint-Claude
75003 – Paris
www.galeriealbertapane.com
Tél. : +33.01.43.06.58.72


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