Altritaliani

Le bel été du cinéma italien

domenica 11 luglio 2010 di Marie Sorel

Les amoureux des “Etoiles et des toiles” le savent bien, la saison estivale est propice à se délecter des reprises des “grands classiques” du cinéma en même temps qu’elle permet aux distributeurs de se débarrasser de quelques navets plus ou moins frais dans les salles climatisées, derniers refuges contre la canicule.

Surtout ne pas rater
«Séduite et Abandonnée» de Pietro Germi (1964) - dont le PDF est consultable sur le site en fin d’article.
Incontournable de la comédie italienne, cette pépite nous rend nostalgiques d’une époque où “comédie” n’était pas synonyme de crétinerie, ni “populaire” de vulgaire.

Section DVD
Carlotta Films propose de redécouvrir un réalisateur italien méconnu en France, Mauro Bolognini, avec quatre œuvres représentatives des différents aspects du talent de cet ancien étudiant en architecture : critique sociale de plus en plus axée sur la bourgeoisie, raffinement des décors et des costumes, photographie léchée, plans travaillés qui font référence aux plus grands peintres, ont amené à le considérer comme un “sous-Visconti”.

A ses débuts, après avoir réalisé des comédies sentimentales, Bolognini explore la zone romaine.
«Les Garçons» (1959) - DVD disponible le 21 juillet -, sur un scénario de Pasolini avec qui il collabore pendant cinq ans, met en scène, pour son premier film italien, la fulgurante beauté de Laurent Terzieff dont la disparition laisse les admirateurs envoûtés inconsolables.

Terzieff partage l’affiche avec Jean-Claude Brialy et Mylène Demongeot et son interprétation d’un petit voyou romain au cœur tendre fait regretter que, par choix personnel, cet homme exigeant et engagé politiquement (contre la guerre d’Algérie en 1960, contre la guerre en Irak en 2002), bien qu’ayant tourné dans une soixantaine de films, ait fait passer la poésie et le théâtre avant le 7ème art.
Son regard profond et insondable grave la pellicule d’une inoubliable empreinte.

Pasolini devient réalisateur et Bolognini privilégie les adaptations de romans à succès :
«Bubu de Montparnasse» (1971) - DVD disponible le 7 juillet - tiré du roman de Charles-Louis Philippe (1901), recrée le Paris de la Belle Epoque dans quatre villes italiennes dont Turin (les arcades) et Milan (les scènes au bord de l’eau) pour un film en costume qui rappelle l’œuvre de Renoir et des impressionnistes. Maquereaux et prostituées sur qui pèse la menace de la syphilis aussi inévitable que la misère des classes défavorisées.
Ottavia Piccolo incarne Berta avec la grâce bouleversante de son jeune âge, et donne à Bolognini l’occasion de brosser un drame sur la condition féminine.

Cet amoureux des acteurs donne aux femmes leurs plus beaux rôles.
Tel celui de Claudia Cardinale, son interprète fétiche, dans «Liberté, mon amour» (1973).
Années 30, Libera une anarchiste passionnée se bat contre le fascisme. Le portrait de cette enragée, déçue par les compromis d’après guerre, permet au cinéaste de dénoncer la politique de l’Italie des années 70. Prémonition et explication de l’état de déliquescence dans lequel se trouve aujourd’hui le pays ?

«Vertiges» (1975)
inspiré du roman de Mario Tobino, dont l’action se situe à l’intérieur d’un hôpital psychiatrique dans les années 30, métaphore d’une société malade qui se jette dans les bras du fascisme, est un film sur l’enfermement et la folie. Marcello Mastroianni (en psychiatre), Lucia Bose, Marthe Keller, Françoise Fabian sont les protagonistes de ce huis clos où la frontière entre folie et normalité est intangible. Le film a été tourné dans un établissement près de Lucca. C’est l’une des plus vraisemblables reconstitutions cinématographiques de l’univers quasi carcéral du monde des aliénés. Peu de distance entre patients et soignants, tous prisonniers d’un même lieu et de leurs propres démons.
A découvrir pour les lecteurs qui s’intéressent à notre thématique Nati sotto Saturno : le professeur Bonaccorsi recherche le “germe” de la folie.
Tout cela avant Basaglia, bien sûr !

Les DVD sont accompagnés de préfaces de Jean Gilli, d’interviews de Bolognini et de ses acteurs qui brossent le portrait d’un homme affable, modeste et cultivé mais très déterminé dans ses choix.
Un honnête homme, au sens du XVIIIe, bien ancré malgré tout dans les problèmes et la politique de son époque.

Marie Sorel

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