Altritaliani
Cinéma. En salles dès le 11 mars 2009.

Le déjeuner du 15 août, de Gianni Di Gregorio

Le grand retour de la comédie à l’italienne ?
venerdì 20 marzo 2009 di Marie Sorel

GIANNI DI GREGORIO, co-scénariste de GOMORRA de Matteo GARRONE, a remporté, à près de 60 ans, le Prix du meilleur premier film à la Mostra de VENISE 2008.

Cette histoire personnelle lui tenait à coeur depuis dix ans au moins, mais il ne trouvait pas de producteurs prêts à se lancer dans une telle aventure : un film sans vedettes dont les protagonistes sont un sexagénaire et quatre nonagénaires. Projet risqué par ces temps de jeunisme exacerbé ! Matteo Garrone l’a suivi dans cette entreprise périlleuse.

"Il fallait du courage, dit Gianni Di Gregorio, mais soit je faisais le film maintenant, soit je ne le faisais plus. Le projet était risqué". On comprend combien en voyant le film ! Ce vieux garçon (joué par le réalisateur) se trouve contraint par un concours de circonstances à jouer les nounous de quatre mamies, et écluse quelques bouteilles de blanc pour garder son calme et sa bonne humeur. Elles sont charmantes ces vieilles dames pomponnées, mais plus turbulentes et capricieuses que les pires garnements et comment se faire obéir ?

"On ne pouvait pas les diriger, elles bougeaient et parlaient comme elles voulaient ! Mon scénario était parfait mais j’ai été obligé de le mettre de côté. Heureusement, travailler avec GARRONE m’a formé car il improvise beaucoup. Ce film est l’histoire d’un scénariste qui a trahi son scénario ! Ca m’a plu ! On a volé des scènes, par exemple celle de la lecture de la main : ces dames étaient censées se reposer et... on a tourné (rires). Les non professionnels donnent plus d’intensité et de spontanéité".

Il est vrai que les "mamma" portent le film, spécifiquement italien dans cette description du rapport du fils à la mère omnipotente. On voudrait bien s’en débarrasser sans oser vraiment ! En réalité, on l’aime par dessus tout, au point de passer sa vie entre les courses et la cuisine, histoire de lui préparer quelques bons petits plats. L’amour que l’on porte à sa mère, on le partage aussi avec les autres mamies adoptées pour le week-end.

Annoncé comme le grand retour de la comédie à l’italienne, ce film est pourtant très différent de ceux des années 70. Il n’y a aucun cynisme, il fait le pari de la tendresse et de la gentillesse. Récit de la vie quotidienne de petites gens à la vie ordinaire dans une ville désertée, accablée de chaleur. Le film n’est pas dramatique, juste teinté de mélancolie. On sent l’affection de GIANNI pour ces personnes âgées, ravagées par la vie. Malgré leurs rides qui nous émeuvent, ce sont des adolescentes espiègles, toujours coquettes et prêtes encore à tomber amoureuses.

"Elles m’ont donné une leçon de vie et de tolérance entre générations ; il y a de belles choses aussi dans la vieillesse : de l’enthousiasme, de la joie de vivre. Il faut oser filmer ce qui fait peur, savoir affronter la mort. » Une des mères empêche GIANNI de dormir en récapitulant ses souvenirs. Elle se remémore tout, tout, de ses premières amours aux pastas de son enfance dont elle raffole encore ! Litanie, comme un dernier pied de nez à la peur, à la mort, et, de conclure : "Si l’on n’avait pas les souvenirs, qu’est-ce qu’on ferait?"

MARIE SOREL

Pour plus d’info, pour visionner des extraits : consultez le dossier de presse

Lien: http://www.ledejeunerdu15aout-lefilm.com/


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