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Jusqu’au 11 juillet 2010

Frédéric Chopin. La Note bleue - exposition du bicentenaire. Musée de la Vie romantique, Paris.

lunedì 3 maggio 2010 di Marie Sorel

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Eugène Delacroix. Frédéric Chopin – 1838 © Roger-Viollet.

Où, mieux qu’au Musée de la Vie Romantique peut-on célébrer le bicentenaire de la naissance de Chopin ? Dans les années 1840, en compagnie de Georges Sand avec qui il vit square d’Orléans, Frédéric Chopin fréquente assidûment la demeure du peintre Ary Scheffer, parmi les plus choisies de «La Nouvelle Athènes».

Auguste Charpentier. Georges Sand – 1838 © Roger-Viollet

Il improvisait là, au piano, pour un public conquis d’admirateurs éclairés. La «colline inspirée» devient le temple de la vie romantique.

Un moulage

Jean-Baptiste Clésinger. Main de Chopin – vers 1847 © Musée de la Vie romantique / Roger-Viollet

de la main fine et délicate du compositeur qui couvrait un tiers du clavier («main de Chopin aux doigts de velours», George Sand) est conservé au musée qui consacre une exposition au génie du romantisme : «La note bleue».

Delacroix le meilleur ami parisien du génial pianiste établit une comparaison entre les tons de la peinture et les sons de la musique.
Le poète du piano sait «réveiller la couleur endormie par le miroitement des tons voisins » et George Sand écrit dans “Impressions et Souvenirs” ( Paris 1841) :
«… Nos yeux se remplissent de teintes douces qui correspondent aux suaves modulations saisies par le sens auditif. Et puis LA NOTE BLEUE résonne et nous voilà dans l’azur de la nuit transparente.»

Eugène Delacroix. Le Jardin de George Sand à Nohant – 1842 © Metropolitan Museum of Art, Dist. RMN/ Image of the MMA

Au début du XIXème siècle, la France est encore la patrie des droits de l’homme et de la liberté d’expression. Paris accueille non seulement les artistes les plus en vue, pour qui se produire dans la capitale est une consécration, mais aussi les réfugiés politiques .
Les polonais chassés de Pologne par la répression tsariste de 1831 se retrouvent chez Anna Czartoryska à l’hôtel Lambert;

Ladislas Oleszczynski. Anna Czartoryska, née Sapieha Bibliothèque polonaise, Paris © Jean-Louis Losi, Paris

les Italiens qui avaient fui les guerres d’indépendance, chez la princesse Belgiojoso, rue d’Anjou. Cette Milanaise avait conspiré contre les Autrichiens qui occupaient Milan et la Vénétie. Installée dans la capitale en 1831, ses soirées défrayent la chronique. Elle reçoit l’élite des arts et de la politique : Jules Michelet, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Alfred de Musset, Franz Liszt et bien sûr Chopin. Tous se pressent dans son célèbre salon noir et blanc aussi singulier que cette femme dont la beauté étrange fait penser aux «portraits du Fayoum». On peut admirer le magnifique dessin à la mine de plomb que Chassériau fit d’elle en 1847.
Donizetti, Rossini, Bellini, que Chopin adulait (le compositeur Ferdinand Hiller raconte que Chopin avait les larmes aux yeux lors d’une représentation de Norma), se retrouvent dans le salon de la princesse.
L’artiste que sa muse qualifie de «type extrême de l’artiste» ne donne que dix-sept concerts publics à Paris, en dix-neuf ans. C’est Rossini qui organise son premier concert le 25 février 1832 dans les salons de Camille Pleyel.

Eugène Devéria. Jeunes femmes assises © Bibliothèque nationale de France, Paris

A cette époque la rivalité entre l’Opéra et le théâtre italien est à son apogée.
Les uns préfèrent l’Opéra (salle Le Pelletier) qui traduit le livret et adapte la musique à la personnalité des chanteurs. Les autres fréquentent la salle Favart, dite «Théâtre italien» ou «les Italiens» ou «les Bouffes», qui respecte la partition et la langue originale du livret. Exclusivement dédiée à l’art lyrique : opera buffa et opera seria, cette salle ne se préoccupe pas des décors. Les ballets et les intermèdes y sont proscrits. C’est dans ce temple du bel canto que George Sand aime écouter Giovanni Battista Rubini, Luigi Lablache, Giudita Pasta, Giulia Grisi, Antonio Tamburini. La Malibran et sa sœur Pauline Viardot se partagent entre les deux salles.
Aux « Italiens », le public enragé des dilettanti se pâme et hurle devant le ténor Rubini dont les roucoulades durent des heures .
Bravo, brava, bravi et diva cinglent pendant le spectacle !
L’art lyrique à Paris est italien !

Chopin transpose le cantabile bellinien dans ses compositions : « Il vous faut chanter si vous voulez jouer du piano ».
Cherubini qui assure la transition entre classicisme et romantisme est directeur du Conservatoire de Musique de Paris de 1822 jusqu’à sa mort en 1842 ;
Rossini est nommé directeur du Théâtre des Italiens en 1824, puis à expiration de son contrat «Premier compositeur du roi» et «Inspecteur général du chant en France» ;
Bellini, à l’invitation de Rossini, compose son dernier opus magnum I Puritani pour les Bouffes où il triomphe en 1835 ;
Donizetti s’installe à Paris où Marie Taglioni impose le tutu et les pointes .
Virginie Aldoini , Comtesse Veraci de Castiglione, la maitresse de Napoleon III, passe pour une des plus belles femmes de l’époque.

Charles Cuisin. Effet de crépuscule © Musée des Beaux-Arts de Troyes/ Jean-Marie Protte

Tous ces Italiens, que Chopin fréquentait et admirait tant, se retrouvent dans cette exposition immortalisés par les plus grands noms de la peinture :

Ingres : Portrait de Niccolo Paganini, (1819). Il inspire à Chopin les «Variations en la majeur» intitulées «Souvenir de Paganini».
Baron Gérard. Portrait de La Pasta. « Pour le style, il faut prendre modèle sur La Pasta, sur la grande école du chant italien… » (Chopin)
Ary Scheffer. Gioacchino Rossini (1843).

De la sculpture :

Dantan Jeune : bustes en plâtre de Bellini, Donizetti, Rubini, Tamburini….
Jean-Auguste Barre : Marie Taglioni dans le ballet de la Sylphide. Bronze. 1837.

Comme Chopin, dont seul le coeur est déposé en l’église Sainte Croix de Varsovie, la plupart de ces artistes sont inhumés au Père Lachaise .

Pour ma part, je retiendrai, parmi les nombreuses œuvres de grande qualité présentées , outre le portrait de la sublime Princesse Belgiojoso, un dessin de Delacroix : Maurice Sand dessinant, empreint de tendresse et de sensibilité bien que d’une grande maîtrise et une huile de petit format de Jean-Baptiste Corot : Le Déversoir de l’étang de Ville-d’Avray dans laquelle il a assurément atteint lui aussi LA NOTE BLEUE.

Marie Sorel

Renseignements pratiques :

«Frédéric Chopin. La Note bleue» - exposition du bicentenaire
2 mars - 11 juillet 2010
Musée de la Vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan, 16 rue Chaptal - 75009 Paris
Tél. : 01 55 31 95 67 / fax. : 01 48 74 28 42
Ouvert tous les jours, de 10h à 18h sauf les lundis et jours fériés
Accès : Mo Saint-Georges, Pigalle, Blanche, Liège / Bus 67, 68, 74
Tarifs d’entrée - Exposition Plein tarif : 7 € Tarif réduit : 5 € Tarif jeune : 3,50 €- Collections permanentes gratuites
www.vie-romantique.paris.fr

Retrouver l’agenda des manifestations à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Frédéric Chopin


Partez sur les traces de Chopin à Paris…
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