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Dans notre galerie virtuelle, le projet photographique de

Cédric Vigneault : Dans l’œil de Naples - Nell’occhio di Napoli

lunedì 25 gennaio 2010

In versione italiana : Nell’occhio di Napoli.

Mise à jour mai 2014: Projet Dans l’Oeil de Naples" à Lyon
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Ma démarche photographique consiste à saisir une impression quand celle-ci est réelle – c’est-à-dire sans chercher à la provoquer ou à l’inventer – et à la traduire en langage photographique afin de la transmettre. J’ai découvert Naples en 2007, lors d’un premier voyage touristique, puis j’y suis retourné en 2008. Parcourir ses rues revient à tourner les pages d’un conte, un conte des contes à ciel ouvert, et à se laisser enchanter, menacer, effrayer, surprendre.

La cité parthénopéenne est née d’un mythe et cette dimension, entretenue par une tenace ferveur populaire, a accompagné son histoire. Du pavé vésuvien, des murs de tuf, du mobilier urbain, transpire un monde parallèle constitué d’une multitude d’entités dont l’existence est venue se superposer aux Napolitains. Ce peuple de l’imaginaire, constamment renouvelé par les apports extérieurs et protégé par les Napolitains eux-mêmes de toute inquisition, est devenu une identité possible de la ville. Au-delà de son aspect symbolique, cette présence est la marque, singulière et ancrée, d’une classe populaire qui a su se maintenir en son centre-ville. Et ce recours à une croyance protéiforme – que se soit le culte de Saint Janvier ou dans un autre domaine ceux de la Camorra ou de Maradona – peut aussi se lire comme un témoignage historique sur les fléaux, qu’ils soient politiques ou naturels, qui ont jalonné l’histoire de la cité. Naples entretient cette dualité imaginaire/réalité comme un double visage qu’il faudrait superposer pour se rapprocher des contours nets de la ville. Le principe même de la visée télémétrique.

Dans l’œil de Naples cherche à témoigner de l’imbrication de ces deux mondes, du réel et du fantasme, de ce jeu de miroirs, et à montrer comment, peu à peu, ils imprègnent le regard du photographe étranger jusqu’à en modifier sa perception. La juxtaposition de deux tee-shirts dans une vitrine, l’un illustré d’une tête de mort et l’autre d’un dollar, figures courantes de la mode actuelle, frappe et renvoie ici au message primaire de la Camorra. La présence d’un sigle d’orientation dans le quartier de « la Sanità » donne la sensation de pénétrer un cercle d’initiés à une pratique magique. Un simple phare de voiture sortant d’une bâche est perçu comme la présence du malocchio, cet œil aux consonances variées qui pose sur nos pas tout le poids de son regard.

Gustav Herling, écrivain polonais en exil à Naples, a écrit un conte intitulé «L’Œil de la providence» qui évoque la vie d’un noble anglais venu dépenser ses rentes sur les hauteurs du Pausilippe, une vie perturbée par un tableau dont le nom donne le titre au texte.
Herling y évoque autant la présence et les expressions de ce regard que son influence sur son propriétaire qui, au final, est celui qui regarde: «L’Œil de la Providence changeait d’expression selon l’angle sous lequel on le regardait. Sévère et menaçant; méchant et courroucé; serein et bienveillant; ensommeillé et indifférent; morne et éteint. Una vera diavoleria, a dit Malcom, de nouveau avec ce rire bref dans lequel résonnait une note étrange, sourde et indéfinissable.»
Raffaele La Capria, écrivain italien originaire de Naples, cite ces mots de Machado qui relève cette même relation singulière qui lie le regard de l’étranger à la cité parthénopéenne, cette intrusion de la ville dans le regard du visiteur:

«L’occhio che tu vedi non e/occhio perché tu lo veda./É occhio perché ti vede.» («L’œil que tu vois n’est pas œil parce que tu le vois, il est œil parce qu’il te voit.»)

L’œil de Naples se veut l’illustration de cette conversation de regards.

Cédric Vigneault

Pour en savoir plus sur Cédric Vigneault

Sa première approche photographique a été essentiellement esthétique : lycéen puis étudiant, il admirait Doisneau, Cartier-Bresson, ou Weiss. Il a donc essayé de marcher dans les pas de la photographie humaniste avec la volonté de révéler aux gens de la rue leur dimension poétique. Mais les temps avaient changé. Le rapport du quidam au photographe, curieux et complice à une époque, se muait de plus en plus, à tort ou à raison, en méfiance, voire en agressivité.

Il s’est donc tourné vers d’autres objectifs — les manifestations, le graphisme des villes, le jeu des ombres et des faces anonymes—, et d’autres photographes — Ackermann, Sluban, Favreau, Ueda. L’étymologie du mot photographie s’est imposée à lui : l’appareil est devenu son stylo, la lumière son encre et la photographie son moyen d’expression.

Depuis, il raconte des histoires, des lieux. L’idée est de rester curieux à l’inconnu, que ce soit une ville, des personnes, une ambiance ; de se laisser envahir par cet inconnu et de tenter d’en retranscrire une impression pour, au final, la partager.


PDF - 2.7 Mb

Projet photographique "Dans l’œil de Naples" à télécharger.

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Portfolio

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