Altritaliani
Exposition de photo

Carlos Freire dans la Sicile de Vincenzo Consolo

giovedì 11 dicembre 2014 di Evolena

Jusqu’au 7 février 2015 (aux dernières nouvelles l’exposition sera prolongée jusqu’en mai en raison de son succès), dans le cadre du Mois de la Photo, la Galerie Dina Vierny, Paris 6e, présente les photographies de Carlos Freire, photographe français né à Rio de Janeiro. Kathleen Evin, dans l’émission L’Humeur vagabonde, sur France-Inter, reçoit Carlos Freire le 4 décembre à 20h05. A ré-écouter ou podcaster.

«Ile des jardins et des soufrières, des délices et des souffrances, des idylles et des violences, des fleurs d’oranger et du fiel», c’est ainsi que l’écrivain sicilien Vincenzo Consolo, mort en 2012, décrivait l’attirance mortifère que son île superbe et maudite exerce sur tous ceux qui y passent depuis la nuit des temps.

Il faut lire ses essais, ses articles et ses livres, tous consacrés à la Sicile, dont il s’est exilé longtemps, poussé par son ami Leonardo Sciascia, pour échapper à la barbarie de la mafia et à la corruption des politiques.

Mais tout ce que Consolo écrivait, dans une langue magnifique, se rapportait à sa terre natale, tant aimée, tant haïe et qu’il hésitait, disait-il, «à appeler patrie».

Une terre qui a pourtant vu naître tant d’écrivains essentiels, Lampedusa, Pirandello, Sciascia, ou Brancati. Terre païenne et mystique, où la mort est une fête, où la beauté et l’immondice s’entremêlent, mais où les hommes n’ont pas totalement pu anéantir la présence des dieux.

Le grand photographe Carlos Freire, né dans la lumière du Brésil, devenu Français dans le gris argenté du ciel parisien, ne photographie qu’en noir et blanc, et c’est ainsi qu’il a fixé les visages des plus grands artistes et écrivains contemporains.

Grand voyageur, il a aussi exposé et publié partout dans le monde ses photos d’Inde, d’Egypte, du Japon, du Portugal, de Grèce, en fait de presque partout, souvent accompagnées de textes d’écrivains devenus ses amis : Jacques Lacarrière, Marguerite Yourcenar, Cesare de Seta, Marc Fumaroli, ou Adonis, le poète syrien qui l’avait guidé à Alep, avant sa destruction.

C’est en 2006 qu’il se rend en Sicile et y rencontre Vincenzo Consolo qui, à plusieurs reprises, lui fera découvrir son île et la lui racontera.

De ce coup de foudre pour un lieu et pour un homme sont nées de superbes photos, paysages et monuments nimbés d’une lumière irréelle, visages jeunes et vieux, empreints de noblesse et de gravité, des photos qui nous parlent d’essentiel.

Elles sont exposées à la Galerie Dina Vierny à Paris. Un livre verra le jour au printemps prochain.

GALERIE DINA VIERNY
M° Saint Germain des Prés
Entrée libre
Du mardi au samedi, de 14 h à 19 h
36 Rue Jacob, 75006 Paris, France
Tél. 01 42 60 23 18

Emission du jeudi 4 décembre 2014 sur France-Inter à ré-écouter ou podcaster, disponible jusqu’au 29/08/2017. Cliquez sur ce lien:
L’Humeur vagabonde reçoit Carlos Freire à l’occasion de son exposition

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La Sicile, une Sicile

Juillet 2006, soleil abondant. Vincenzo Consolo m’attend avec sa femme Caterina à l’aéroport Falcone-Borsalino de Palerme. J’arrive de Paris. Accueil chaleureux de ce grand écrivain, homme timide et observateur attentif de l’île qui l’a vu naître, la Sicile. Il deviendra rapidement le très cher ami, patient et bienveillant, que je retrouvais avec un plaisir invariable lors de mes séjours siciliens.
À mon tour de contempler la Sicile, regard naïf d’un homme venu d’ailleurs. A travers ses textes, nos conversations et nombreux parcours dans l’île, Vincenzo Consolo a su m’apporter la lumière qui éclairerait dès lors chacun de mes détours sur les routes siciliennes.
Malgré ces nombreuses années de voyages au rythme des saisons, aucun inventaire exhaustif n’est proposé dans mes images. Seule une expédition infinie pourrait prétendre à une vision juste et totale de ce qu’incarne la Sicile. Comme si je me contentais de ce qu’elle voulait bien m’offrir, me laisser voir. Aussi, je continue à venir ici en simple voyageur, fasciné par cette île et ses habitants, ses riches paysages qui servent de décor à une histoire si souvent tragique. C’est mon voyage, qui par la force des choses, s’arrêtera un jour.
Ensoleillé, si possible. En Sicile, probablement.

Carlos Freire, avril 2014.

LIEN AVEC PHOTOS - SITE DE LA MAISON EUROPENNE DE LA PHOTOGRAPHIE

Notice biographique:

Carlos Freire est né à Rio de Janeiro. Il s’est installé à Paris en 1968 et a commencé son métier de photographe dans cette ville, devenue son lieu de vie et de travail depuis 1973.
Ses photos sont présentes dans des collections publiques et privées. Etudes de lettres, aucune formation de photographe.
C’est à partir de 1998 qu’il se consacre à des portraits de lieux: Naples, Alexandrie, Le Mont Athos, Alep, Gênes. Ses photographies ont donné lieu à des publications sous forme de beaux livres incluant des textes d’écrivains contemporains.


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